Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

Prix Nobel d’économie contre l’austérité

D ans un entretien accordé au journal La Tribune, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, indique qu’aucune économie « n’est jamais revenue à la prospérité avec des mesures d’austérité » et défend « un changement de la structure de notre économie vers une vision à plus long terme, génératrice d’une croissance plus pérenne, ce qui est indispensable ».
Quant à la crise économique, financière et sociale en cours, il indique : « Les maux de notre économie n’ont pas été résolus pour une raison simple : nous avons demandé aux gens qui ont créé la crise de la résoudre. »
Il insiste sur le fait que les inégalités s’accroissent. « Aux États-Unis, (...) 1 % de la population gagne plus de 22 % des revenus ! (...) Entre 2009 et 2011, 90 % de la croissance dégagée aux États-Unis a profité à 1 % de la population alors que les 99 autres pour cents ont vu leurs revenus chuter ou se stabiliser. Le salaire moyen des travailleurs américains est au plus bas depuis quarante ans. »
S’agissant de l’Europe, il indique qu’il y a besoin « des politiques de croissance et non des politiques d’austérité, comme c’est le cas aujourd’hui. [La crise] ne peut pas être finie tant que l’on n’a pas retrouvé le plein-emploi ».
Selon J. Stiglitz, « la première des priorités est de créer les conditions pour que la demande reparte. Il y a plusieurs moyens de le faire (...) en investissant dans l’éducation, dans les technologies,
dans l’innovation et dans les infrastructures (...). La chose la plus importante est de recentrer la mission des banques sur ce qu’elles sont censées faire : par exemple, prêter aux PME ».
D’après le prix Nobel d’économie, « Aujourd’hui, nous avons les ressources, les connaissances et les compétences technologiques pour mener à bien une prospérité économique pérenne tout à fait unique. Mais pour faire cela, nous devons rompre avec le passé. La vraie question n’est pas éco-
nomique et technique, car nous savons ce que nous avons à faire, mais décisionnelle : nos dirigeants auront-ils la volonté d’agir ? Il n’y aura pas de retour à la prospérité si les décisions stratégiques des entreprises continuent à se faire dans l’intérêt de la maximisation des rémunérations des actionnaires, qui parfois possèdent des actions durant une nanoseconde, une minute ou même
quelques insuffisantes semaines (...) ».

Cet article a été publié le 20 janvier 2014

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