Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

A la Sécu, un plan social déguisé

« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la Sécurité sociale soit mis en péril », ainsi s’exprimait Ambroise Croizat sur ce qui reste l’une des plus belles avancées sociales issues du Conseil national de la Résistance. Pourtant, depuis de nombreuses années, les gouvernements successifs alliés au Medef et à certains partenaires sociaux détricotent de manière méthodique l’ensemble de l’édifice Sécurité sociale.

C’est de l’intérieur même des différentes branches, notamment avec la mise en place des conventions d’objectifs et de gestion, que la casse s’organise. De fusion en fusion, de restructuration en restructuration, d’économie de gestion en économie de gestion, ce sont les salariés de la Sécurité sociale qui subissent de plein fouet les bouleversements organisés pour remettre en cause la solidarité intergénérationnelle, universelle, basée sur le salaire socialisé. En s’attaquant aux fondamentaux et aux valeurs créatrices de la Sécurité sociale, qui dérangent les financiers et le capitalisme sauvage aux manettes des politiques actuelles, ce sont les missions de service public dévolues à la Sécurité sociale qui sont bafouées. Cette logique d’austérité à tous les étages de notre protection sociale à la française a entraîné une constante dégradation des conditions de travail, la baisse des effectifs et le blocage des salaires de l’ensemble des salariés de la Sécurité sociale. Pour exemple, avec plus de 16 000 suppressions d’emplois à la CNAMTS (Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés) au cours de ces dix dernières années, c’est un véritable plan social déguisé auquel nous assistons sur l’ensemble du territoire. Fermeture des accueils, surcharge de travail, retard dans le traitement des dossiers sont le lot quotidien des agents de laSécurité sociale pourtant confrontés dans le même temps à une misère sociale grandissante dans la population française.

Dans ces conditions de travail extrêmement difficiles, sans perspective d’amélioration au regard des politiques menées actuellement dans le cadre des lois de financement de la Sécurité sociale votées chaque année, le personnel, fortement attaché à l’institution et à son rôle de protection sociale, se démène tant bien que mal pour remplir la mission de service public pourtant mise en avant comme un amortisseur social durant la crise économique et financière que traverse notre pays.

C’est sans doute pour toutes ces raisons qu’ils se sont fortement mobilisés à l’appel de l’intersyndicale complète lors de la journée interprofessionnelle du 18 mars. Il est évident que cela ne suffira pas à infléchir la politique actuelle, mais c’est un véritable cri d’alarme lancé par toute une profession, et cette journée doit être le début d’un processus de lutte et de reconquête de notre Sécurité sociale qui, à l’aube du XXIe siècle, reste une idée neuve, montrant qu’une autre société est possible, basée sur la solidarité et la protection du citoyen, de la naissance à la mort, contre les aléas de la vie Dans tous les secteurs des organismes sociaux, les raisons de la colère sont évidentes tant les attaques sont violentes envers les personnels et les assurés sociaux. La Fédération du personnel des organismes sociaux sera présente pour préparer la nécessaire riposte à la marchandisation de notre protection sociale. La Sécurité sociale, « on s’est battu pour la gagner, on se battra pour la garder »

Denis Lalys, secrétaire général de la fédération CGT des organismes sociaux.

Cet article a été publié le 25 mars 2014

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