Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

Monaco : 70 ans de lutte syndicale

Née au lendemain de la prise du palais princier par la Résistance, l’Union des syndicats de Monaco (USM) a réussi à maintenir son unité malgré les attaques du gouvernement.

Le 3 septembre 1944, la colonne américaine qui atteint Capd’Ail, commune limitrophe de Monaco, laisse le soin à la brigade FTPF Saint-Just de pénétrer en Principauté. Sur le Rocher, se déroule la prise du palais princier par les communistes ! Peu après, le commissaire de la République, Raymond Aubrac, se propose d’annexer la Principauté à la France. De Gaulle s’y oppose au grand dam de ceux qui penchaient pour une République et qui seront à l’origine de la création de l’Union des syndicats de Monaco.

Avant-guerre, faire grève était passible de prison dans la Principauté où tout syndicat était interdit. Les activistes se réunissaient dans la commune limitrophe de Beausoleil, avec leurs camarades de la CGT française. C’est pourquoi se crée presque naturellement, un mois après la Libération, la CGT de Monaco. Cette CGTM, en fait l’Union des syndicats de Monaco (USM), restera affiliée à la CGT française jusqu’en 1951. A cette date, une ordonnance princière oblige l’USM à être autonome, son secrétaire général devant avoir la nationalité monégasque. Le 14 janvier 1945, dans la tribune d’honneur du stade Louis-II, un jeune homme de vingt-deux ans, Charles Soccal, écoute avec passion les orateurs du meeting de clôture du Congrès fondateur de l’USM. Il en sera élu le secrétaire général, le 1er août 1946. Il le restera, sans discontinuer, jusqu’au 25 avril 1986, puis en sera le président, jusqu’à sa mort, le 6 septembre 1995. Communiste, fondateur du Mouvement d’union démocratique, « Coco Soccal » sera élu député au Parlement de Monaco en février 1963, faisant la une du New York Times sous le titre halluciné : « Un rouge sur le Rocher ! »

Tout au long de cette seconde moitié du XXe siècle, l’USM, syndicat unique, sera le fer de lance de nombreuses conquêtes sociales pour cette classe ouvrière internationale, essentiellement française et italienne. Par deux fois sous le règne de Rainier III, en 1952 (année où les dirigeants syndicaux sont jetés en prison) et en 1980, les syndicats de Monaco font annuler, par des actions de masse, des lois antigrève.

Mais la grande réussite de cette organisation de lutte, dans ce pays devenu un laboratoire antisocial pour le patronat, est d’avoir su préserver son unité. Depuis l’an dernier, une nouvelle offensive a été déclenchée par le gouvernement, pour la briser. « Mais comme les autres, elle échouera », prédit la direction de l’USM, qui compte, ces dernières années, trois femmes à sa tête : Betty Tambuscio, présidente, Monique Ferrete, secrétaire générale, qui a succédé, lors du dernier congrès, à Angèle Braquetti, toujours membre du bureau. En cela aussi, c’est vraiment un syndicat unique !

Cet article a été publié le 12 mai 2014

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