Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

Nouvelle grève des manucures dans le 10e arrondissement

Mêmes ingrédients, même rue, mais pas au même numéro. Après les trois mois de grève des manucures chinoises et coiffeuses africaines du 50, boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement de Paris, qui a débouché en mai sur la régularisation de sept employées, c’est désormais au 57, presque en face, qu’éclate le conflit. Là encore, il s’agit d’une boutique faisant à la fois manucure au premier étage et coiffure au rez-de-chaussée et au sous-sol, dans des conditions d’hygiène et sécurité tout aussi précaires. Mais si au 50, c’est la disparition du patron (parti sans avoir payé les salaires) qui avait poussé le personnel à se lancer dans l’action, ici c’est la menace d’une expulsion. « Ces travailleurs m’ont contactée jeudi soir, ils étaient en panique car le propriétaire du fonds de commerce voulait les expulser, sous prétexte que le gérant lui devrait de l’argent, raconte Pascale Heurteux, secrétaire générale de l’union locale CGT du 10e arrondissement. Je suis venue immédiatement, j’ai appelé du renfort et nous avons empêché l’expulsion. »

Sur place, les militants découvrent cinq Chinois qui travaillent à la manucure et quinze coiffeuses et coiffeurs d’origine africaine (Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée, Nigeria), parmi lesquels deux seulement ont des titres de séjour. La boutique a ouvert en décembre et, comme au numéro 50, le prix payé par les clients est partagé à 50/50 ou 60/40 entre le gérant et les employés, qui doivent acheter une partie du matériel eux-mêmes. En six mois, « le gérant n’a versé que des bribes de salaire, il doit de l’argent à tous les employés », explique Pascale Heurteux. « Il nous donne 50 ou 100 euros quand on lui dit qu’on a des problèmes, c’est tout », confirme une coiffeuse.

Depuis jeudi soir, la boutique est occupée jour et nuit. Les employés sont en grève et réclament les arriérés de salaire et des papiers. Le lien avec l’expérience du 50 est évident, puisque parmi les grévistes certains travaillaient là-bas, mais en sont partis, effrayés, au début de l’occupation par la CGT en février… Aujourd’hui c’est à leur tour de se battre pour la régularisation. « Cela fait quatre ans que je travaille dans ces conditions, j’ai envie d’avoir des papiers pour avoir un travail déclaré et un salaire qui tombe chaque mois », explique une gréviste. Vendredi, l’inspectrice du travail est venue constater la situation de travail et chercherait maintenant à rencontrer l’employeur.

Cet article a été publié le 26 mai 2014

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