Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

Tolé contre le projet gouvernemental

La modulation des allocations familiales selon le revenu sera présentée dans un amendement au projet de budget 2015 de la Sécurité sociale.

Le gouvernement peine à convaincre du caractère équitable et « universel » du système : « Ce n’est pas une mise sous conditions de ressources, c’est une modulation selon le revenu, c’est-à-dire que tous les ménages continuent de percevoir des allocations familiales, explique ainsi Matignon. Mais, pour les ménages les plus aisés, le montant en est diminué. » Une « mesure de justice », estime-t-on. « Nous restons sur une universalité, car toutes les familles continueront à toucher des allocations », insiste pour sa part la députée socialiste Marie-Françoise Clergeau.

Ce concept fondateur d’universalité remonte à la création même de la "Sécu". « Le but à atteindre est la réalisation d’un plan qui couvre l’ensemble de la population du pays contre l’ensemble des facteurs d’insécurité », avance ainsi l’ordonnance du 4 octobre 1945, qui organise le nouveau système. Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, également, « toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ». Pour Ambroise Croizat, député communiste et fondateur de la "Sécu", il fallait que chacun « cotise selon ses moyens et reçoive selon ses besoins ». Une logique dont découle le principe d’universalité, qui consiste à compenser les besoins engendrés par une situation nouvelle - naissance, maladie, retraite - quel que soit le niveau de revenus.

Jean-Marc Bilquez, responsable de la protection sociale à Force ouvrière dénonce « une première étape vers le démantèlement de notre modèle social, à partir du moment où il y a une différence en fonction des revenus, c’est bien une remise en cause de l’universalité des allocs ». Et de pointer les risques de dérapage à venir, avec une assurance maladie qui, elle aussi, rembourserait les soins en fonction des revenus. « C’était l’idée de Martin Hirsch avec le bouclier sanitaire. Or, si vous sortez les familles moyennes et aisées de la "Sécu", vous favorisez l’émergence d’assurances privées, et c’est alors la fin de la "Sécu" publique pour tous. » Même analyse pour Denis Lalys, secrétaire de la fédération action sociale de la CGT : « L’allocation que vous recevez, elle n’est pas pour vous, elle est pour votre enfant. Considérer qu’un enfant de riches à moins de besoins qu’un enfant de pauvres, c’est briser l’universalité de la protection sociale. » Thierry Lepaon explique que cette réforme des allocations familiales était « contraire à l’esprit même de la Sécurité sociale ».

Il s’agit d’en finir avec une "Sécu" qui permet de répondre aux besoins de tous les salariés, (santé, allocations familiales, retraites) quels que soient leurs revenus. C’est le retour d’une assistance misérable aux plus pauvres, complétée obligatoirement pour ceux qui en ont les moyens par des assurances. Les économies faites en réduisant les prestations sociales des salariés les mieux payés n’iront pas aux revenus les plus modestes, mais serviront essentiellement à financer les 30 milliards annuels d’exonérations de cotisations patronales annuelles, c’est à dire à augmenter la part des profits !

Cet article a été publié le 20 octobre 2014

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