Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

La CGT confirme sa première place

Malgré une faible participation et un recul, la CGT reste en tête des élections professionnelles. FO gagne beaucoup et l’Unsa progresse. Les résultats définitifs seront connus demain.

Tout le monde attendait la CGT au tournant de cette élection qui appelait pour la première fois à voter ensemble les 5,3 millions d’agents des trois versants de la fonction publique (état, hôpitaux et collectivités territoriales). La situation n’apparaissait pas favorable à la centrale de Montreuil qui avait du mal à mobiliser ces derniers mois. Et pourtant, elle resterait bien en position de force, le bouleversement en faveur des syndicats réformistes n’ayant pas eu lieu. La surprise viendrait de Force ouvrière, qui progresserait très fortement. Mais la prudence restait de mise chez les syndicats ce week-end en raison d’un important retard des dépouillements de scrutin. Officiellement, le ministère de la Fonction publique ne présentera les chiffres définitifs
que mardi.

Dans l’éducation nationale, c’est la chute pour la FSU. Mais malgré sa perte de 5 points, le syndicat garde sa première place avec 35,5 % des voix. Elle est suivie par l’Unsa qui progresse de 2 points (21,89 %), puis FO qui monte de plus de 3 points (13,58 %), la CFDT (8,87 %), la CGT (5,50 %) et le Snalc (5,46 %) conservateur. Solidaires perdrait sa représentativité.

L’ensemble des enseignants et chefs d’établissement semblent avoir été déçus par la FSU. Une déception qui a favorisé FO, plus offensif dans sa défense des services publics. Dans les ministères, les résultats sont très disparates. Pour Luc Rouban, chercheur au CNRS, les résultats partiels obtenus sont à analyser avec des pincettes : « On a agrégé des situations très différentes. » Le politologue a surtout remarqué que le vote dépendait énormément du niveau hiérarchique, partant du contestataire FO pour évoluer vers la CGC plus à droite. « Dans le ministère de l’Intérieur, par exemple, fortement syndiqué, plus on monte dans la hiérarchie, plus on a affaire à des syndicats centristes. Unsa Police ne recueille que 11 % chez les bleus, puis 51 % chez les officiers et 64 % chez les commissaires. » FO s’inscrit en tête au ministère de la Défense, et conserverait globalement sa première place dans la fonction publique d’état, alors que la FSU serait désormais au coude-à-coude avec l’Unsa et la CGT.

Les personnels de La Poste votaient également pour élire leurs instances représentatives. La CGT perd encore quelques points (3) mais reste en tête avec 26,54 % des voix devant la CFDT qui a beaucoup progressé (4 points) et dépassé SUD PTT. Mais le syndicat s’inquiète que l’abstention grandisse « plus on descend dans la hiérarchie des métiers de La Poste ». Une analyse qui montrerait la défiance des petits fonctionnaires envers les syndicats tout comme certains la redoutent dans la fonction publique territoriale.
Dans les collectivités, le taux de participation annoncé par le ministère est tombé de 59,1 à 54,5 %. Or, 75 % des agents de la territoriale appartiennent à la catégorie C, c’est-à-dire des agents modestes, souvent confrontés directement aux usagers. Leur abstention pourrait aussi traduire un manque de confiance dans les syndicats de la part des petits agents. La fonction publique hospitalière, qui connaît la plus basse participation, pourrait révéler la même déception.

Globalement, le faible taux de participation (52,9 %) est un échec pour
le gouvernement et la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, qui s’était engagée pour la participation. Là où elle aurait pu attendre une montée des réformistes pour relancer sa négociation sur le parcours des agents à défaut de s’engager sur une augmentation des salaires, elle risque de se retrouver dans une impasse. Avec une contestation sociale qui pourrait s’exprimer autrement que par le vote professionnel.

Cet article a été publié le 8 décembre 2014

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