Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

La Cour des comptes prône la retraite à soixante-quatre ans

C’est ce qui s’appelle préparer les esprits à de nouveaux sacrifices prétendument inévitables. La Cour des comptes s’apprête à publier, jeudi, un rapport sur les régimes de retraites complémentaires Arrco (qui concerne 18 millions de salariés du privé) et Agirc (4 millions de cadres). L’enjeu n’est pas mince : les complémentaires représentent entre 30 et plus de 60 %, selon le niveau de salaire, de la pension globale.

Selon le Parisien d’hier, la cour livre un diagnostic alarmant : au rythme actuel de creusement du déficit, l’Agirc est promise à la cessation de paiement en 2018, la même menace pesant sur l’Arrco quelques années plus tard. En mars 2013, devant la dégradation de la situation financière, Medef, CFDT, CFTC et FO (CGT et CGC n’avaient pas signé) avaient conclu un accord mettant à contribution les retraités en leur imposant une sous-indexation de pension par rapport à l’inflation, soit une perte de pouvoir d’achat. Un recul social qui n’a pas permis de redresser la situation.

Cette fois, parmi plusieurs pistes, la Cour des comptes envisage pour la première fois un recul de l’âge de départ (62 ans actuellement) de deux ans, qui serait obtenu « par un recul d’autant des âges légaux de départ à la retraite ». Ce que revendique à cor et à cri le Medef, Gattaz envisageant même un départ à 65 ans. Certes, la fixation des âges légaux relève, par définition, du législateur et non des syndicats et du patronat qui gèrent seuls les régimes complémentaires. Il s’agit là, selon une tactique éprouvée, en 2013 déjà, le gouvernement avait pris argument de la décision de l’Agirc-Arrco pour appliquer la sous-indexation des pensions au régime de base. La Cour des comptes prônerait également une « solidarité financière accrue de la part de l’Arrco » envers l’Agirc, plus en difficulté, estimant que « la question d’une fusion de ces deux régimes se pose » à court terme. Sans surprise, l’hypothèse d’un relèvement des cotisations, donc des ressources, ne serait pas envisagée.

Les comptes de l’Agirc et de l’Arrco ont commencé à entrer dans le rouge en 2009, après le déclenchement de la nouvelle crise économique mondiale qui s’était traduite en France par une baisse historique de la masse salariale alors que les besoins de financement augmentaient avec le baby-boom. Les régimes complémentaires, comme l’ensemble de la protection sociale, ont surtout besoin d’une autre politique économique et d’emploi, garante d’un redressement durable.

Dans l’immédiat, le pire n’est pas fatal si l’on conteste la rhétorique libérale du « coût du travail », et augmente les cotisations, au détriment de la part des richesses attribuée aux actionnaires. C’est ce que propose la CGT, par une hausse modulée de la cotisation patronale en fonction de la politique d’emploi et de salaires des entreprises. Autre piste avancée : l’égalité salariale hommes-femmes qui, selon un chiffrage réalisé à la demande du syndicat par l’Agirc et
l’Arrco, « aurait des conséquences très positives sur les ressources des régimes, avec par exemple un solde positif de 4 milliards dès 2017 ».

Le rapport de la Cour des comptes intervient alors que syndicats et patronat ont engagé des discussions avec pour objectif un accord d’ici à juin 2015. Il apporte largement de l’eau au moulin du Medef, qui s’oppose à toute hausse de cotisations, ne laissant d’autre choix qu’entre la peste et le choléra : baisse des pensions ou recul de l’âge de départ.

Le communiqué de la CGT : http://www.cgt.fr/Rapport-sur-l-ARRCO-et-l-AGIRC-la.html

Cet article a été publié le 16 décembre 2014

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