Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

Un accord social au goût amer

Jeudi, la société anonyme à capitaux publics a annoncé fièrement la signature du texte « Un avenir pour chaque postier » par la CFDT, FO et une alliance de la CFTC, la CGC et l’Unsa. Présenté aux syndicats à l’automne dernier, ce projet d’accord n’avait pas recueilli un nombre de voix suffisant et avait été retoqué. Mais la direction, surfant sur les résultats des élections professionnelles, avec la montée de la CFDT en deuxième position, derrière la CGT, a réussi à faire valider son plan. Triomphale, la CFDT « se réjouit (sans retenue) que l’intégralité des mesures et des dispositifs contenus dans l’accord initial puissent bénéficier aux postiers ».

Si le texte a été un peu amendé, notamment en ce qui concerne la possibilité d’accroître de plus de 30 km le lieu de mutation des postiers, il n’en demeure pas moins une arme de transformation en profondeur des métiers dans le cadre du plan stratégique 2015-2020. Hervé Tellier, de la Fapt CGT, déclare : « Nous ne pouvons pas valider un accord d’accompagnement des restructurations, des dégradations des conditions de travail et de la baisse de la qualité de la présence postale. » Pour faciliter les réorganisations en centres de tri, de distribution ou dans les bureaux, La Poste donne la priorité à la mobilité interne au sein des branches ou des filiales. La mobilité géographique et fonctionnelle serait aussi mieux prise en charge, avec une prime en cas de changement de domicile et une prime de mobilité fonctionnelle. Les postiers devront aussi se former ou même suivre un parcours pour changer de métier.

Pour faire passer la pilule, La Poste mettra également en place une démarche de « prévention et d’amélioration des conditions de travail », les postiers de cinquante-cinq ans ou plus soumis à la pénibilité pourront obtenir trois à cinq jours supplémentaires de repos par an. « Ce sont des mesures dignes d’un plan social sans les départs forcés, constate Régis Blanchot, administrateur SUD PTT. Dans le cadre de la transformation des métiers, de nombreux guichetiers sont déjà formés aux fonctions commerciales. Le bureau de poste devient de plus en plus une agence bancaire et, bientôt, le guichetier ne sera plus là que pour vendre des services. » Pendant ce temps, les suppressions d’emplois continuent à un rythme effréné. Rien qu’en 2014, SUD PTT dénombre 12 315 personnes en moins dans les effectifs de La Poste en se basant sur les inscrits aux élections professionnelles. Un record.

Cet article a été publié le 10 février 2015

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