Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

Les agents territoriaux mobilisés

Depuis le 4 février, les agents territoriaux de la ville d’Argenteuil sont en grève. Ils dénoncent les coupes claires d’une mairie endettée qui taille sans discernement dans les services publics.

« La direction empêche des filles de se mettre en grève : elles n’auraient pas le droit » Des coups de fil comme celui-là, le syndicat CGT des territoriaux d’Argenteuil (95) en a l’habitude. « Les directions utilisent leurs armes », confirme Pascal Videcoq, le secrétaire du syndicat. Pourtant, lundi dernier, l’assemblée générale des personnels a bien voté la poursuite de la grève qui dure depuis le 4 février et les agents se mobilisent tour à tour dans les médiathèques, la piscine, la cantine, les maternelles, le portage à domicile. Ils contestent les coupes franches, les contrats non renouvelés et les services publics qui rétrécissent comme peau de chagrin.

Aux dernières municipales, l’UMP Georges Mothron a été élu nouveau maire à 200 voix près, devant l’ancien édile PS. Il a rapidement dénoncé les emprunts toxiques contractés par son prédécesseur, en oubliant sa propre contribution en tant que maire de 2001 à 2008. Aujourd’hui, la municipalité est aux abois, avec une dotation de l’état raccourcie et un budget 2015 qui dépendra de la décision prochaine de la préfecture de mettre ou non la ville sous tutelle.
Face à cette situation, le maire a décidé de gérer sa ville comme une entreprise. Dès le mois de juin 2014, il a fait appel à un nouveau directeur général issu d’un cabinet privé d’audit mandaté pour chasser les coûts. Premières personnes touchées : les contractuelles. « Plus de 80 postes d’Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) ont été supprimés dans les écoles maternelles alors que le nombre d’enfants augmente », rapporte la syndicaliste CGT Janine Dubuc, qui fut pendant vingt-huit ans agent spécialisé des écoles maternelles. Le mois dernier, une gamine de deux ans et demi a ainsi échappé à la vigilance des adultes et s’est retrouvée dans la rue à 11 h 30 Au service restauration, les agents en congés maternité ou en longue maladie ne sont pas remplacés. Ceux qui restent sont appelés à la polyvalence en raison « de l’absentéisme de certains agents », ose justifier par courrier la direction générale de la ville. Deux mini-crèches ont été fermées. La maison de la femme aussi. Les médiathèques ont vu leur budget baisser de 17 % en 2015 avec six postes en moins annoncés pour avril. Quant aux maîtres nageurs du centre aquatique, ils ont appris la fermeture de bassins entraînant la suppression de dix postes par le journal télévisé.

Face à ces attaques, aux services publics rognés malgré des impôts en hausse, l’intersyndicale CFDT-CGT-FSU mène la grève depuis plus d’un mois. La population les rejoint parfois, comme Amel Makhloufi, du Collectif des parents en colère : « Pendant la campagne départementale, on tracte et on pose des questions aux élus sur les marchés, sur le manque d’effectifs. Le premier adjoint au maire en charge des finances l’a mal pris. La semaine suivante, il est revenu avec de gros bras. » Ce collectif, comme beaucoup d’agents, est prêt à monter le ton d’un cran : jouer la carte d’une ville morte, sans services publics, pour que les usagers-citoyens comprennent mieux les enjeux de leur combat. Lors de l’assemblée générale, la date du 9 avril a été avancée, jour de la manifestation nationale contre l’austérité.

Cet article a été publié le 20 mars 2015

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