Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

Les informaticiens d’Europcar en grève

La valse des emplois, sans plan social, continue dans le secteur de l’informatique. Après la cession par le géant Atos de 850 salariés pour 1 euro, dénoncée par les syndicats comme un plan social déguisé, ce sont des informaticiens du loueur de voitures Europcar qui font l’objet d’un transfert tout aussi douteux vers plusieurs sociétés de services en ingénierie informatique (SSII), dont Atos lui-même.

Dans le groupe Europcar, racheté en 2006 par le fonds d’investissement Eurazeo, les informaticiens sont employés par la filiale Europcar International, qui regroupe les activités communes aux filiales des différents pays. Ses locaux sont situés à Voisins-le-Bretonneux (Yvelines), à côté du siège de la filiale Europcar France.
« Le 6 novembre 2014, la direction a convoqué un comité d’entreprise extraordinaire avec pour objet un plan de sauvegarde de l’emploi », raconte Sonia Allani, représentante CGT au comité d’entreprise. Le contexte étant un projet de mise en Bourse d’Europcar, se soldant déjà par des plans sociaux dans plusieurs filiales. Or, lors de cette réunion, la direction annonce qu’elle a renoncé au plan social pour opérer une vente de l’activité de deux services, employant près de cinquante informaticiens, l’un à Steria, l’autre à Atos ou Capgemini. Les salariés étant transférés d’office, dans le cadre de l’article L.1224-1 du Code du travail. « Ça nous a mis la puce à l’oreille, raconte la déléguée. Les salariés ont compris qu’il s’agissait d’un plan social déguisé. »
Les quelques informations obtenues par la suite ont confirmé leurs craintes sur leur avenir au sein des sociétés qui vont les accueillir. « Une quinzaine de salariés de l’activité desk seraient transférés vers le groupe Steria, alors qu’il vient d’annoncer qu’il regroupe toute cette activité en Pologne », explique Sonia Allani. La trentaine d’informaticiens qui partiraient chez Atos ou Capgemini devraient former d’autres équipes pendant quatre mois au système en place chez Europcar, mais ensuite ? « On a compris qu’au bout de six mois ils pourront nous mettre à l’écart, ou nous faire faire autre chose, nous déplacer, ou nous pousser à partir », estime la déléguée.
Fin février, les salariés ont adressé à la direction une lettre ouverte pour exiger des formations et une prime de 50 000 euros chacun. Faute de réponse, une trentaine d’entre eux se sont mis en grève le 12 mars. Soutenus par l’union locale CGT de Trappes, ils ont manifesté à plusieurs reprises dans la zone d’activité et fait signer une pétition. Alors que le comité d’entreprise doit rendre son avis les 2 et 9 avril prochains sur les cessions, les grévistes comptent maintenir leur mouvement jusque là. « Ce sont les salariés qui ont fixé cette revendication de 50 000 euros, pour dénoncer ce système où ils sont déplacés, malmenés, vendus, pour des raisons financières et non pour l’organisation du travail, explique Sonia Allani. Ils ont calculé que cela représente un mois de salaire de notre nouveau PDG, Philippe Germond. » Lui-même ancien dirigeant d’Atos.

Cet article a été publié le 30 mars 2015

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