Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

Mobilisation réussie dans la santé

Hier, entre 6 000 et 8 000 agents grévistes se sont rassemblés à partir de 11 heures devant le siège de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), avenue Victoria, à Paris, à l’appel, fait rare, de toutes les organisations représentatives (CGT, SUD, FO et CFDT), ainsi que de la CFE-CGC, la CFTC et l’Unsa. Dans le collimateur des grévistes, une réforme sur l’organisation du temps de travail qui pourrait être imposée dès janvier 2016 aux 75 000 personnels (hors médecins) des 38 établissements de l’AP-HP.

Pour le directeur général, Martin Hirsch, ce chantier est « indispensable » pour « préserver l’emploi ». Et, surtout, gagner « au moins 20 millions d’euros par an », à l’heure où l’hôpital public est contraint de réaliser 3 milliards d’économies d’ici à 2017, dont 860 millions sur la masse salariale. Pour l’AP-HP, le marché est simple : baisser le temps travail pour rogner sur les RTT ou supprimer 4 000 postes pour arriver aux 150 millions d’euros d’économies exigées en 2015 par le gouvernement.

« Cette réforme est socialement injuste pour des agents en première ligne au quotidien auprès des patients et dont les salaires sont gelés depuis 2010, dénonce Rose-May Rousseau, secrétaire générale de l’union syndicale CGT de l’AP-HP. C’est un comble qu’un gouvernement socialiste, qui a mis en place les 35 heures, s’y attaque. » Comme le rappelle Jean-Marc Devauchelle, secrétaire du syndicat SUD-Santé à l’APHP, « les personnels sont à 600 millions d’euros d’économies depuis 2010 », alors même que l’AP-HP, c’est 7 milliards d’euros de budget et 49 millions de déficit, soit 0,6 % ! Pour tous les syndicats, la logique comptable qui asphyxie aujourd’hui l’hôpital public doit être remise en cause. « Pacte d’austérité, plan d’économie, loi santé, plan Hirsch Tout est lié pour détruire les hôpitaux », analyse Didier Bernus, secrétaire général de FO Santé. « Le problème de l’AP-HP, c’est le manque de moyens et d’emplois, a déclaré Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, venu soutenir les grévistes. Le modèle de Marisol Touraine (ministre de la Santé) et de Martin Hirsch, c’est celui de Toyota. Il faut que l’argent qui existe dans ce pays soit réaffecté dans les services publics, notamment à l’hôpital. » « Des moyens, il y en a, quand on voit les bénéfices que fait Sanofi, qui augmente ses dividendes grâce à des médicaments qu’il nous vend à des prix honteux », a renchérit Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes. Et rappelant : « Si les conditions de travail se dégradent pour les soignants, c’est la qualité des soins des patients qui va se dégrader. » Ce que craignent tous les hospitaliers. « Faire le même travail en moins de temps, avec moins de jours de repos, voilà ce qu’on va nous demander. Comment va-t-on faire alors qu’on fait déjà plein d’heures supplémentaires et qu’on nous rappelle régulièrement sur nos jours de repos ? On va mettre les patients en danger », s’inquiète une infirmière de cardiologie de l’hôpital Lariboisière. Hier, un seul mot d’ordre circulait : retrait du plan Hirsch. Et une volonté, elle aussi partagée : donner suite à cette journée d’action. « Il faut que le gouvernement nous entende ! » a prévenu Jean-Marc Devauchelle.

Martin Hirsch a reçu dans l’après-midi lessyndicats de l’AP-HP (CGT, SUD, CFDT, FO, CFTC, CGC et Unsa), qui ont exigé qu’il « retire son projet de réorganisation du temps de travail et ouvre des négociations pour améliorer les conditions de travail », résume Olivier Youinou, de SUD-santé.
En fin d’après-midi, Martin Hirsch a proposé, pour « renouer le dialogue », de « partir d’une base nouvelle mettant au centre des discussions les améliorations des conditions de travail », en y adjoignant la question de l’« organisation du travail » dont fait partie celle du temps de travail. Il leur a donné une liste précise des sujets au programme, répondant clairement à leurs préoccupations : déprécarisation, logement, prévention de l’absentéisme et du burn-out, notamment. Il a aussi réaffirmé son choix de « rechercher, dans toute la mesure du possible, les points sur lesquels un accord majoritaire avec les organisations syndicales centrales peut être envisagé », soit validé par des syndicats représentant au moins 50 % des salariés.
Une façon de signifier aux syndicats que la négociation qui démarrerait mardi ne se fera pas sans eux et d’éviter que le mouvement de protestation ne s’amplifie.

Cet article a été publié le 22 mai 2015

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