Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

SMART : la contre offensive syndicale

La direction de Smart France a consulté ses salariés sur le pacte pour l’emploi 2020 dont l’objectif est d’améliorer la compétitivité du site. De ce vote consultatif résultent deux enseignements : 93,3 % de participation et une divergence de vues entre le collège des modulants (les ouvriers de production) qui a voté à 61 % contre le projet et celui des non-modulants (employés, techniciens, agents de maîtrises et cadres) qui y est favorable à 74 %.
Si, au final, 56,1 % du personnel a émis un avis favorable, les syndicats retiennent surtout les 61 % d’opposition. « Ce seront ceux aux- quels les plus gros sacrifices seront demandés tant en terme d’heures que de salaires », ont relevé hier Bernadette Hilpert (CGT) et Didier Getrey (CFDT).

Quelques jours après la consultation, les deux responsables décident de frapper un grand coup. En annonçant une contre-offensive. « Aucun élément économique ne justifie la mise en œuvre d’un tel projet. L’entreprise gagne de l’argent, rien ne justifie que les salariés augmentent leur temps de travail en ne gagnant pas plus d’argent. »

Les responsables ont annoncé leur initiative commune hier lors d’un point presse à l’Union locale de Sarreguemines. « Nous menons un front commun. Smart a finalement obtenu un oui pour deux non, celui de la CGT et de la CFDT », affirme Didier Getrey. Il rappelle au passage que « passer à 39 heures, signifie 17h33 de travail en plus par mois ce qui correspond à un taux horaire de 5,19 . C’est inacceptable alors que tous les voyants sont au vert. »

Entourés de délégués syndicaux et/ou délégués du personnel CGT et CFDT de Smart et Paintshop, les deux syndicalistes ont annoncé la couleur : leurs deux organisations ne signeront pas l’accord, même s’il a été soutenu par 56,1 % des votants.

Pour qu’un tel accord soit valable, il faut réunir 30 % de représentativité syndicale. Un résultat que l’on atteint seulement si la CFE-CGC (20 %) – la seule favorable au Pacte 2020 – et la CFTC (26 %) signent en sa faveur. « Même si ce scénario se produit, la loi de modernisation sociale précise que l’accord est invalidé si les autres organisations syndicales font jouer leur droit d’opposition. C’est ce que nous ferons car nous représentons 53 % (ndlr, 36 % pour la CGT et 17 % pour la CFDT) », affirme Bernadette Hilpert. Cette prise de position risque de rendre l’ambiance encore plus lourde lors de la reprise des négociations demain.

CGT et CFDT annoncent leur participation « mais nous n’irons pas dis- cuter le Pacte 2020, ni les 39 heures. Nous prendrons part à des négociations annuelles obligatoires ». La direction n’a pas souhaité s’exprimer. Toutefois, dans un message distribué aux salariés, Annette Winkler, présidente et Joachim Betker, directeur annoncent que le dialogue se pour- suit. « Il est important et de la responsabilité de chaque partie de respecter le vote de la majorité et de tenir compte du vote minoritaire. Il n’y a plus de oui et de non. Nous sommes une seule équipe soudée qui veut concrétiser le pacte 2020 pour nous mettre en position de force pour de nouveaux projets. » Le rapport de force ne fait que commencer.

Cet article a été publié le 16 septembre 2015

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