Union locale CGT Paris 5ème/6ième (UL-CGT 5-6)

La Métropole du Grand-Paris

19 manifestants irlandais jugés pour séquestration à cause d’un un sit-in de 2h : l’UD de Paris réagit

Le Collectif INTERNATIONAL de l’UD vous informe de l’envoi d’une lettre UD CGT Paris au ministre irlandais de la justice, à propos des faits expliqués ci-dessous :

 
19 personnes vont être jugées le 22 avril prochain pour avoir participé à un sit-in en 2014 devant le véhicule de la vice première ministre durant 2 heures dans le cadre d’une action contre le projet gouvernemental d’instaurer une taxe sur l’eau. Ils sont accusés de séquestration et encourent, pour certains, de longues années de prison !

En Irlande l’accès à l’eau est gratuit. Le projet de taxation du gouvernement, qui allait fortement impacter les plus pauvres et les travailleurs/travailleuses et leur famille, résulte d’une demande du FMI dans le cadre de la politique d’austérité qui vise aussi dans ce pays de faire payer à la population la crise du capitalisme.

Plusieurs forces politiques et associatives, comme l’Anti-Austerity Alliance (AAA), ont lancé une campagne pour refuser cette nouvelle taxe. Elle a rencontré un très large écho dans la population. Des manifestations massives ont été organisées ainsi que des actions dans les quartiers pour tenter d’empêcher l’installation des compteurs. L’appel au boycott du paiement, suivi par une majorité d’Irlandais, a enfin permis que la campagne soit victorieuse et que la taxe soit suspendue. Cela a été un vrai désaveu pour le gouvernement.

C’est dans ce contexte qu’en 2014, lors d’un déplacement ministériel dans la municipalité de Jobstown, près de Dublin, la vice-Première ministre de l’époque, Joan Burton du Parti travailliste, s’est retrouvée face à des manifestants qui l’ont bloquée durant 2 heures en procédant à un sit-in devant son véhicule.

Le gouvernement de droite, élu suite aux élections législatives, cherche à se venger de cette défaite et à décourager d’autres luttes. Dix-neuf personnes présentes à cette manifestation sont poursuivies en justice pour l’action à Jobstown. Parmi elles, la majorité d’entre eux est composé de travailleurs et de travailleuses, des gens ordinaires, que l’appareil d’État risque de broyer juste pour s’être assis devant une voiture d’une ministre. L’un d’entre eux, mineur au moment des faits, a déjà été condamné à l’automne.

Mais il y a aussi des élus. Paul Murphy, député démocratiquement élu au Dáil (assemblée nationale en Irlande) pour le Socialist Party et l’Anti-Austerity Alliance. Une condamnation entraînerait une déchéance de son mandat au Dáil. Trois autres sont conseillers municipaux de l’AAA : Kieran Mahon, Mick Murphy et Brian Leech.

Le message que le gouvernement entend faire passer à toutes celles et tous ceux qui relèvent la tête et résistent au rouleau compresseur capitaliste est clair : se mobiliser et manifester peut t’envoyer en prison, alors courbe l’échine, travaille et tais-toi ! C’est ce que nous connaissons aussi en France depuis plusieurs mois.

Quoi qu’il en soit, s’il advenait que les 19 de Jobstown soient condamnés, ça représenterait une véritable attaque contre le droit démocratique de manifester en Irlande.

Une campagne de solidarité internationale s’est mise en place avec pour mot d’ordre l’arrêt des poursuites contre les 19 de Jobstown avec le hashtag #JobstownNotGuilty.

Cet article a été publié le 4 avril 2017

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